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En 1946, André Martinet, linguiste français,
le plus célèbre linguiste de son époque,
était invité à diriger à New-York,
une équipe internationale de ses collègues
sur un projet de langue internationale.

Ce projet initié par des mécènes américains
était financé sur des fonds privés.

L'époque était bien différente d'aujourd'hui
et les méthodes de travail nous sembleraient
archaïques: consultations de dictionnaires
appuyant les savoirs personnels, suivies d'études
manuscrites sur des milliers de fiches de carton
classées ensuite par ordre alphabétique.
dans des meubles de classement.

Après plusieurs années d'un travail
qui ne bénéficiait pas encore de l'usage
de l'ordinateur, et au fil des changements d'effectif,
le travail était accompli et relativement réussi;
il suit encore de nos jours son cours très international.
Mais cette langue ressemblant trop à l'Italien
avantagerait trop l'une des nations majeures
de l'Europe et avec l'anglais est excluable
en tant que langue auxiliaire par manque de neutralité.

Nous sommes maintenant en 2003,
à la veille d'un élargissement important
de la Construction Européenne,
élargissement qui créera une incroyable
concentration de langues nationales
et une vertigineuse multitude
de traductions officielles et non officielles.

L'Europe pourrait reproduire à son compte
un projet comparable à celui de 1946,
mais avec les moyens prodigieux
de notre époque, et désigner une équipe
européenne de linguistes renommés
élaborant pour la Construction Européenne
et pour nous tous les Européens,
une langue auxiliaire commune
du troisième millénaire qui bénéficierait
de toute l'autorité politique de l'Union.

Il est à noter que l'espéranto et l'interlingua
dans leur élaboration n'ont jamais pris
en considération qu'une poignée de langues
hégémoniques.

Toutes les nations de l'Union Européenne
et leurs langues nationales ont le droit
d'être considérées et ne manqueront pas de
manifester ce droit.
Les moyens techniques et humains de notre époque
permettront de satisfaire équitablement ce droit,
mais il n'y a pas d'autre issue que nous détourner
de l'espéranto et de l'interlingua
qui sont irrémédiablement dépassés.